Les Projets en Amérique latine

Projets achevés entre 2024 et 2025 

Assainir les sols du Costa Rica grâce à des pratiques forestières durables 

Le Costa Rica est réputé pour son incroyable biodiversité. Pourtant, la production forestière (pour le bois) dans ce petit pays est largement axée sur le gain économique, avec peu de considération pour la protection de l’environnement, en particulier la santé des sols et la durabilité de la production alimentaire pour les générations futures.  

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Mónica Cortés

Mónica Cortés, experte en matière de sylviculture, travaille en partenariat avec l’ECU, le mouvement IFES au Costa Rica, sur un projet qui vise à sensibiliser les étudiants en ingénierie forestière de son université et ceux du mouvement national à la gestion de l’environnement et à promouvoir le dialogue à ce sujet. Le projet repose sur l’idée qu’une approche biblique de la protection de la création passe par la promotion de l’équilibre écologique afin que la terre puisse offrir une ressource saine aux générations futures. 

Mónica réalisera un sondage pour comprendre les perceptions des étudiants en matière de théologie et de soins de la création, ainsi que leurs expériences et leurs points de vue sur l’exploitation en monoculture et les pratiques forestières durables. Elle travaillera également avec un professeur de son université pour collecter et analyser des échantillons de sol provenant d’une parcelle dans laquelle des pratiques durables (couverture végétale) ont été réalisées, fournissant ainsi des résultats scientifiques qui démontrent l’impact de telles pratiques sur la qualité du sol.  

Mónica partagera ses résultats dans un article scientifique et lors de deux événements. Le premier événement sera un « laboratoire d’information » à l’école des sciences de l’environnement, conçu pour motiver les futurs forestiers et chercheurs à trouver et à mettre en œuvre de nouvelles pratiques forestières durables. Le second sera un atelier pour les étudiants chrétiens au camp national de l’ECU.  

— Mónica Cortés prépare une maîtrise en agriculture biologique et travaille comme assistante de recherche dans l’unité de recherche en ingénierie forestière de l’Université nationale du Costa Rica. Elle travaille également à temps partiel comme employée de l’ECU. 

Renforcer le dialogue science-théologie au Chili 

Les discussions sur la science et la foi chrétienne sont rares en Amérique latine. Au Chili, le Dr Jaime Enrique Peña Álvarez, ingénieur en biotechnologie, affirme que la société considère que ces conversations n’ont aucune raison d’être. Dans certaines églises, le dialogue sur la science et la théologie est déconseillé, voire proscrit, par crainte que la science ne menace la foi des membres de l’église, et en raison du manque de formation et de compréhension de ces questions parmi les responsables d’églises.   

Photo de Jaime Enrique Peña Alvarez
Jaime Enrique PeñaAlvarez

En 2023, Jaime a mené un projet pilote LCI – un cours sur la science et la foi pour les universitaires chrétiens – et a identifié un besoin de formation continue dans ce domaine. En coopération avec GBUCh, le mouvement IFES au Chili, le projet de Jaime préparera les étudiants à s’engager dans un dialogue sur la science et la théologie et à construire des ponts avec des personnes d’autres confessions.  

Le projet comportera un programme de mentorat dans le cadre duquel des étudiants de deuxième cycle et des étudiants de dernière année de licence souhaitant entamer une carrière universitaire seront mis en relation avec des universitaires chrétiens, de préférence dans une discipline similaire. Les mentors seront issus du réseau d’universitaires chrétiens chiliens qui a émergé du Rencontre de Chrétiens académiques 2024 organisé par l’ancien participant de l’ILC, le catalyseur Pablo Gutiérrez en partenariat avec GBUCh. 

Jaime développera et dispensera également un cours en ligne sur la théologie et les sciences qui sera ouvert aux étudiants de GBUCh et aux particuliers. Grâce à ce cours et à la production d’un article scientifique, Jaime évoquera la relation entre sa discipline (l’ingénierie biotechnologique) et la théologie, et démontrera comment le soin de Dieu pour les êtres vivants, en particulier les humains, peut être manifesté à travers la conception de protéines qui nous protègent contre les maladies.  

–Jaime Enrique Peña Álvarez est professeur adjoint et coordinateur des stages et des diplômes au département de génie civil industriel de l’Université autonome du Chili, à Temuco. Il est également bénévole pour GBUCh. 

Handicap, science et théologie : promouvoir l’accessibilité dans la communication scientifique et l’académie 

Une déclaration de la conférence mondiale de l’UNESCO sur la science en 1999  a affirmé que : « L’égalité d’accès à la science n’est pas seulement une exigence sociale et éthique pour le développement humain, mais elle est également essentielle pour réaliser le plein potentiel des communautés scientifiques du monde entier et pour orienter le progrès scientifique vers la satisfaction des besoins de l’humanité». 

Photo de Johana Escobar
Johana Escobar

De nombreux chercheurs diffusent leurs résultats par le biais de livres, d’articles de journaux, de présentations lors de conférences et d’actions de sensibilisation auprès du grand public. Mais qui a accès à ces connaissances ?  

 Johana Escobar, une doctorante, souhaite poser la question suivante : la science est-elle communiquée d’une manière qui soit accessible et compréhensible pour les personnes handicapées ? Par exemple, des recherches ont montré que des individus aveugles qui utilisent un lecteur d’écran pour accéder à des revues académiques rencontrent des difficultés pour accéder aux images, aux graphiques et aux tableaux parce qu’il n’y a pas de description de leur contenu.  

En Argentine, Johana mène un projet qui permettra aux académiciens de son université de développer des stratégies pour communiquer la science de manière plus inclusive et accessible.  Johana conduira des entretiens et effectuera un sondage auprès des universitaires afin d’en savoir plus sur la manière dont ils diffusent leurs résultats scientifiques et sur le degré d’accessibilité de la communication. Elle organisera une conférence sur le thème de la science accessible, au cours de laquelle elle partagera ses résultats et invitera des experts à prendre la parole. Elle préparera également une série de courts clips vidéo sur la communication scientifique accessible. 

Avec son mouvement national IFES, Johana mènera un atelier de formation sur la théologie pratique d’handicap, de l’inclusion et de l’accessibilité, encourageant les étudiants, le personnel et les professionnels à réfléchir et à agir pour devenir une communauté véritablement accessible, accueillante et inclusive pour les personnes handicapées. 

 
Johana Escobar est une étudiante colombienne diplômée qui vit actuellement en Argentine où elle prépare un doctorat en sciences de la santé à l’université nationale de Córdoba.   

Équiper les futurs ingénieurs afin qu’ils comprennent et s’attaquent à la corruption au Chili 

La corruption est l’un des problèmes les plus urgents que doit affronter l’Amérique latine aujourd’hui. Le rapport des tendances mondiales d’IFES l’a cité comme un défi majeur qui vient affecter les mouvements étudiants. Un rapport d’Indice de perception de la corruption  (2019) a révélé que plus de 50 % des citoyens d’Amérique latine pensent que la corruption s’aggrave dans leur pays. 

Photo de Alexander Opazo
Alexander Opazo

Au Chili, les ingénieurs sont fréquemment confrontés à la corruption, car ils sont souvent responsables de la planification, de la conception et de l’exécution de projets à grande échelle. Dr Alexander Opazo a constaté que les étudiants en ingénierie dans son pays ne sont pas suffisamment préparés à relever ce défi. En 2023, il a mené une étude pilote sur les cours d’ingénierie dans les universités et a constaté que l’éthique était enseignée de manière sporadique et superficielle, en mettant souvent l’accent sur le simple respect des règles et des lois.  

Le projet d’Alexander vise à renforcer la formation à l’éthique dans les sciences d’ingénierie afin que les étudiants et les universitaires soient équipés pour comprendre et affronter la corruption. Il va créer un groupe de travail, composé d’une équipe interdisciplinaire d’universitaires et d’étudiants, qui concevra et mettra en œuvre un nouveau matériel d’enseignement de l’éthique dans deux cours de génie civil dans la ville de Concepción. Le contenu du cours sera adapté au contexte chilien et fera le lien entre la science et la foi grâce à l’incorporation de l’éthique chrétienne, qui se concentre non seulement sur la conduite, mais aussi sur le caractère et la finalité.  

L’équipe évaluera le nouveau programme d’études et partagera ses conclusions par des présentations lors des conférences scientifiques, des articles dans des revues universitaires et des événements avec GBUCh, le mouvement IFES au Chili, de sorte que les universitaires et les étudiants puissent utiliser ou adapter leur matériel.  

— Le Dr Alexander Opazo est professeur associé au département d’ingénierie civile et environnementale à l’université de Bio-Bio à Concepción, au Chili. 

Donner aux chercheurs noirs chrétiens au Brésil les moyens de lutter contre le racisme dans les universités 

Une grande partie de la société brésilienne pense que son pays est en harmonie raciale et démocratique, mais les chercheurs d’origine africaine sont encore confrontés à un racisme structurel.  En particulier, les étudiants brésiliens d’origine africaine sont sous-représentés dans les programmes d’études supérieures. Seuls 15 % des étudiants diplômés sont noirs ou métis alors que 53 % de la population brésilienne est d’ascendance africaine (sondage mené par la Ligue brésilienne des sciences noires en 2020; recensement national de 2022)

Photo de Fabiana Pereira
Fabiana Pereira

Une étude pilote menée par l’enseignante et étudiante diplômée Fabiana Pereira en 2023 a révélé que les chercheurs chrétiens noirs au Brésil subissent le racisme à la fois à l’université et à l’église. Dans les groupes de discussion, les chercheurs ont signalé des défis tels que les difficultés d’accès aux subventions et aux ressources, les préjugés des professeurs et des conseillers, l’environnement ecclésiastique peu accueillant, et des lectures racistes de la Bible. 

Pour y remédier, Fabiana a conçu un programme de mentorat destiné à soutenir les chercheurs Noirs, chrétiens en début de carrière, contribuant ainsi à une plus grande diversité de la production scientifique. Le projet est inspiré par une perspective pleine d’espoir axée sur la réconciliation, la célébration de la diversité et l’idée que la pluralité i est une caractéristique inhérente à la création et au Dieu créateur « qui aime la différence et qui aime différemment. » (Smith ; 2012 ; p20 et 157). 

Grâce à des réunions mensuelles en ligne, des lectures obligatoires et des séances de thérapie de groupe, jusqu’à 10 chercheurs seront équipés pour publier des recherches et faire des présentations lors des conférences, partageant  des connaissances sur les relations raciales et ethniques qui sont  ancrées dans les fondements théologiques et sociaux scientifiques. Les participants partageront également leurs connaissances avec les membres de l’ABUB, le mouvement national IFES du Brésil, par le biais des réunions locales et du réseau de nouveaux chercheurs, qui a été lancé dans le cadre du projet du catalyseur de l’ILC Deborah Viera.  

— Fabiana Pereira est professeur de sociologie et d’histoire dans l’enseignement secondaire, étudiante diplômée en pédagogie et employée à temps partiel à l’ABUB. 

Amener les étudiants à passer de la réflexion à l’action face à la crise environnementale 

Le Guatemala fait partie des 10 pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique. La pollution, la perte de la biodiversité et la dégradation des sols sont également des problèmes dans ce pays en développement.  

Photo de Venuz Pérez López
Venuz Pérez López

En collaboration avec GEU, le mouvement IFES au Guatemala, l’ingénieur agricole Venuz Pérez López, est en train d’intégrer les perspectives scientifiques, théologiques et autochtones sur la protection de l’environnement afin de mobiliser les étudiants de l’université et les inciter à répondre à la crise environnementale.  En 2023 – 2024, Venuz a organisé un forum d’une journée et a dirigé un cours en ligne de cinq mois basés sur le cours BioLogos Seeing God in Creation.  

Grâce à ces activités, elle a constaté qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour encourager les étudiants à s’impliquer dans la protection de l’environnement. Elle a également observé l’importance de ne pas imposer un modèle hégémonique mais de travailler avec les populations locales pour développer des solutions environnementales qui valorisent leur richesse culturelle, symboles et habitudes et qui s’adaptent à leurs réalités. Au Guatemala, 41 % de la population s’identifie comme indigène, dont les Venuz.  

En 2024 – 2025, le projet de Venuz a évolué pour se concentrer sur les rivières. Au Guatemala, l’eau est une ressource abondante mais mal gérée, très polluée et à l’origine de nombreuses maladies. Les rivières sont principalement appréciées pour leur fonction économique avec peu d’attention accordée à leurs avantages écologiques et autres.  

Venuz mènera une recherche qualitative pour explorer la valeur des rivières du point de vue scientifique, théologique et indigène et pour identifier des modèles, des thèmes communs et des différences entre ces perspectives. Pour ce faire, elle interrogera des scientifiques, des théologiens, des étudiants et des chefs indigènes. Elle publiera ses résultats dans un article scientifique.  

Elle interrogera des étudiants pour comprendre leurs perspectives sur la conservation et la protection des rivières et ainsi proposer des solutions possibles. Les résultats seront développés dans un second article scientifique. Enfin, elle encouragera la sensibilisation à l’environnement parmi les étudiants du mouvement national et au-delà par le biais des vidéos, d’infographies, d’affiches et d’études bibliques.  

–Venuz Pérez López travaille comme coordinatrice du programme environnemental au sein d’une ONG chrétienne appelée Centro Esdras (le Centre Esdras). Elle est assistée dans son projet par les « anciens » catalyseurs de l’ILC Johnny Patal, ingénieur agronome, et Lorena Brondani, experte en communication. 

Intégrer la théologie de la vertu et la thérapie cognitivo-comportementale pour améliorer la santé mentale des étudiants 

La crise de la santé mentale chez les jeunes est un problème mondial signalé par l’Organisation mondiale de la santé, ainsi que par l’IFES dans son Rapport sur les tendances mondiales. En Amérique latine, la santé mentale est aggravée par la pauvreté, la violence et les violations des droits de l’homme. 

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Dr Elías Coreas Soto

Le Dr Elías Coreas Soto est un psychologue clinicien mexicain qui intègre la psychologie et la théologie pour améliorer la santé mentale des étudiants en Amérique latine.  

En 2023-2024, Elias a réalisé un sondage auprès des étudiants et du personnel de la COMPA, le mouvement de l’IFES au Mexique, afin de comprendre leurs attitudes et leurs expériences en matière de santé mentale. Sur base des résultats, il a dirigé une formation pour le personnel et a créé un manuel sur la santé mentale qui permettra au personnel de fournir un meilleur accompagnement pastoral aux étudiants. 

En 2024 – 2025, Elias poursuit son projet en se focalisant sur la manière dont la théologie des vertus peut être mise en dialogue avec des techniques de la thérapie cognitive comportementale (TCC).  

Au cours des 20 dernières années, l’intérêt porté à la psychologie s’est accru en ce qui concerne la manière dont le développement de certaines vertus de caractère peut conduire à un bien-être majeur. Les quatre vertus cardinales classiques sont la prudence, la force de caractère, la tempérance et la justice. Les trois vertus théologiques sont la foi, l’espérance et la charité. Récemment, la psychologie positive (qui se concentre sur l’épanouissement plutôt que sur la réduction des symptômes) s’est intéressée aux quatre vertus classiques ainsi qu’aux vertus d’humanité et de transcendance (lien avec la spiritualité, créativité et raison d’être). 

En collaboration avec d’autres thérapeutes, Elias dirigera un programme expérimental de thérapie de groupe pour les étudiants (des mouvements IFES et au-delà) qui intégrera la théologie des vertus et la TCC. Il évaluera son efficacité à l’aide de questionnaires cliniques et développera ses résultats dans un article scientifique. Deux nouveaux chapitres sur ce sujet seront ajoutés à son manuel de santé mentale (actuellement une publication électronique), et il sera distribué en tant que support papier.  

Cette année, Elias a élargi la portée de son projet pour inclure les mouvements IFES au Guatemala, au Salvador, Honduras et au Mexique. Il organisera des formations en santé mentale pour 70 % des équipiers de ces pays.  

— Le Dr Elías Coreas Soto travaille en tant que psychologue clinicien en milieu hospitalier et est professeur de psychologie à l’Université de Estudios Avanzados. Il est également bénévole au sein de son mouvement IFES, COMPA.  

Approches bioéthiques et théologiques de l’édition du génome humain 

Au fur et à mesure que les scientifiques ont développé des méthodes plus rapides, moins coûteuses et plus précises pour modifier le génome humain, la thérapie génique s’est imposée comme un moyen prometteur de traiter un large éventail de maladies. Certains chrétiens s’y sont opposés, soutenant que les scientifiques essayaient de « jouer à Dieu » (ce qui fait référence à quelqu’un qui utilise son pouvoir pour prendre des décisions concernant le sort de la ou de plusieurs vies d’autrui) tandis que d’autres reconnaissent que ces nouveaux moyens de traiter les maladies nous aident à aimer notre prochain comme nous-mêmes.  

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Álvaro Pérez

En Équateur, Álvaro Pérez, un biotechnologue chrétien, dirige un projet visant à promouvoir le dialogue sur les perspectives bioéthiques et chrétiennes de la modification des gènes. En partenariat avec le CECE, le mouvement IFES en Equateur, il souhaite faire évoluer la conversation de « La modification des gènes est-elle une pratique appropriée ? “ à ” Comment peut-on la pratiquer de manière vertueuse ? ». 

En 2023 – 2024, Álvaro a mené un projet destiné à promouvoir le dialogue sur les perspectives bioéthiques et chrétiennes de la modification génétique en vue de soigner des maladies humaines. Ce projet comprenait un forum académique organisé à l’Université de San Francisco, à Quito, un entretien vidéo avec un expert et un article scientifique. 

En 2024 – 2025, Álvaro poursuit son projet en mettant l’accent sur les préoccupations éthiques et théologiques concernant la modification des gènes germinaux humains – un processus par lequel le génome d’un individu est modifié de manière héréditaire.  Ce type de modification de gènes est illégal dans certains pays, mais certains scientifiques l’ont proposé comme une méthode future possible pour corriger les mutations et prévenir des maladies héréditaires.  

En collaboration avec des professeurs d’université, Álvaro concevra et dispensera un cours en ligne de trois mois- sur la bioéthique et la théologie de la modification génétique. Ce cours sera ouvert à huit étudiants ou professionnels des mouvements IFES en Équateur et au Pérou. Les participants seront équipés pour mener un dialogue sur ce sujet et recevront de petites subventions leur permettant de mener des mini-projets tels que des conférences, des ateliers, des blogs et des vidéos. Álvaro produira également un guide d’étude biblique sur ce sujet et rédigera un article scientifique.  

— Álvaro Pérez travaille dans un laboratoire de recherche biomédicale à l’Université de San Francisco à Quito, en Équateur, et est volontaire auprès du CECE. 

Explorer la relation entre la théologie, l’alimentation et la sécurité nutritionnelle 

L’accès à la nourriture est un besoin humain fondamental. Les communautés ont besoin à la fois de sécurité alimentaire (avoir assez à manger) et de sécurité nutritionnelle (accès constant et équitable à des aliments sains, sûrs et abordables). Le Brésil est l’un des principaux producteurs agricoles au monde, mais l’inégalité des revenus et l’inflation élevée entraînent une insécurité alimentaire et nutritionnelle qui affecte des millions de Brésiliens pauvres, causant des souffrances et des pertes de vies humaines.

Photo de Liliane Alcântara Araújo
Liliane Alcântara Araújo

Les communautés religieuses jouent souvent un rôle clé en sachant qui a faim et pourquoi, et elles sont bien placées pour répondre à ces besoins. Un projet pilote mené par un catalyseur de l’ILC Liliane Alcântara Araújo a cependant constaté que les responsables des églises et du ministère étudiant au Brésil avaient du mal à associer leur foi à la sécurité alimentaire et nutritionnelle. 

En 2023 – 2024, elle a travaillé avec ABUB, son mouvement IFES, pour animer des ateliers pour les étudiants et les équipiers afin de découvrir des systèmes de production alimentaire, l’utilisation des ressources naturelles, les systèmes économiques et les aspects physiologiques de l’alimentation. Elle a également dirigé un programme de mentorat qui a guidé des étudiants à des fondements théoriques, à des études bibliques et au développement de projets qui répondent aux questions alimentaires dans leurs contextes. 

En 2024 – 2025, Liliane poursuit son projet en se focalisant sur la relation entre la théologie, la justice alimentaire (qui prend en compte les causes profondes de l’inégalité d’accès à une nutrition adéquate) et la souveraineté alimentaire (le droit des populations locales à contrôler leurs propres systèmes alimentaires plutôt que les entreprises). 

Elle élaborera un guide pour les leaders des mouvements IFES au Brésil et en Uruguay, comprenant des réflexions théologiques sur la justice et la souveraineté alimentaires, et sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Le compostage, la préservation des semences endémiques, la cuisine communautaire et l’aménagement paysager durable feront partie des sujets abordés. Elle écrira un article scientifique et partagera son apprentissage par le biais d’ateliers pour étudiants. Liliane organisera également des sessions de formation mensuelles pour sept leaders étudiants, afin de leur donner des moyens de mener à bien des projets liés à l’alimentation. L’objectif est de mobiliser des étudiants pour aborder les questions alimentaires de manière pratique et contribuer à une société plus équitable et à une meilleure protection de l’environnement. 

— Liliane Alcântara Araújo est enseignante dans un établissement d’enseignement secondaire et elle est bénévole auprès d’ABUB, le mouvement national de l’IFES au Brésil. 

Préparer les étudiants à devenir des agents de paix et de justice en Amérique latine  

Les citoyens de nombreux pays d’Amérique latine, en particulier dans les zones urbaines, vivent dans un sentiment permanent d’insécurité. La criminalité, la corruption et la violence sexiste sont des réalités quotidiennes ; la démocratie dans plusieurs pays est dans un état critique ; et la « guerre contre la drogue » au Mexique a entraîné la « disparition forcée des milliers de personnes ».   

La Dr Sandra Márquez Olvera, experte en psychologie communautaire, a travaillé avec les mouvements de l’IFES dans la région pour explorer les croyances des étudiants chrétiens sur ces questions et sur la manière dont ils peuvent être équipés pour construire la paix par le biais des initiatives locales.  

En 2022 – 2023, Sandra a collaboré avec COMPA, le mouvement IFES au Mexique, et a mené des ateliers de formation pour les étudiants et les équipiers et a organisé un forum académique. Elle a réalisé un sondage pour comprendre les croyances des étudiants sur la guerre, la justice et la paix, et a partagé les résultats dans un article scientifique.  

En 2023 – 2024, Sandra a collaboré avec les catalyseurs de l’ILC Areli Cortez et Remy Ocon sur un projet élargi qui se concentre sur la violence sociale et sexiste au Mexique et au Salvador. Ils ont mené une étude de recherche basée sur l’action dans laquelle les étudiants ont participé à deux projets de service et l’équipe de catalyseurs leur a interrogé sur ces sujets. Les catalyseurs ont également conçu et animé un séminaire de formation à la consolidation de la paix pour les étudiants et les équipiers des mouvements nationaux de ces pays. 

Photo de Sandra Márquez Olvera
Sandra Márquez Olvera
Photo de Areli Cortez
Areli Cortez
Photo de Remy Ocón
Remy Ocón

En 2024 – 2025, Sandra et son équipe poursuivront leur modèle de recherche action-réflexion, mais en élargissant leur champ d’action géographique au Mexique, au Salvador, en Équateur et en Colombie. Ces pays sont parmi les 10 pays ayant les indices de paix les plus bas en Amérique latine (Global Peace Index ; 2023). 

Ils promouvront la justice et les projets de construction de la paix parmi les étudiants, les employés, et les professionnels associés aux mouvements IFES dans ces pays en dirigeant un cours, intitulé Perspectives pour la consolidation de la paix (Perspectives for Peacebuilding), et quatre projets de service communautaire. Ces activités, ainsi que des entretiens avec des acteurs clés, permettront à l’équipe de développer quatre ethnographies (descriptions scientifiques) de la responsabilité sociale chrétienne et comment elle est affectée par le genre, et les différences interculturelles et intergénérationnelles. Les résultats seront partagés dans un article scientifique et utilisés pour créer un plan d’action sur la façon dont ces mouvements peuvent intégrer des initiatives de paix et de justice dans leurs programmes au cours des deux prochaines années.  

 — La Dr Sandra Márquez Olvera est titulaire d’un doctorat en psychologie communautaire et travaille comme enseignante chercheuse à la faculté de psychologie de l’université autonome de l’État du Morelos, au Mexique. Areli Cortez est une étudiante en histoire et anthropologie des religions au Mexique et Remy Ocón est une étudiante en sociologie au Salvador. 

Visionnez une vidéo de 2 minutes sur le projet de Sandra de 2022 : 

Réimaginer une culture universitaire plus saine grâce aux podcasts et aux communautés de collaboration 

Un projet pilote conduit par Deborah Vieira, en 2021, au Brésil a révélé que 60 % des étudiants évangéliques interrogés pensaient que les Brésiliens ne comprenaient pas comment la science et la théologie se superposaient. De plus, de nombreux étudiants ont déclaré se sentir isolés et seuls en raison d’un manque de pairs chrétiens dans leur environnement universitaire. 

Photo de Deborah Vieira
Deborah Vieira

Afin d’y remédier, en 2022 – 2023, Deborah a travaillé avec ABUB, le mouvement IFES au Brésil, pour concevoir et fournir un réseau de mentorat en théologie et en sciences appelé Emmaüs qui a mis en relation des étudiants chrétiens de premier cycle avec des mentors de premier cycle. 

En 2023 – 2024, Deborah a lancé un réseau de chercheurs liés à ABUB et a organisé une conférence de trois jours, axée sur la culture des vertus intellectuelles et la construction de ponts entre sa discipline et sa foi. L’événement a attiré 150 étudiants et chercheurs. Deborah a auto-publié un – livre intitulé A benção da dúvida (La bénédiction du doute), basé sur l’un des thèmes de la conférence. Elle a poursuivi son étude des vertus académiques en éditant l’ebook, Cartas para Junior : ética e vida acadêmica (Lettres à Junior : éthique et vie académique, disponible en portugais et en anglais), écrit par le professeur Paulo F. Ribeiro, un universitaire brésilien. 

En 2024 – 2025, Deborah poursuivra la conversation entre universitaires chrétiens et non chrétiens en examinant la culture universitaire de haute performance et de rendement, qui exacerbe les problèmes de santé mentale et les relations abusives entre les étudiants et les professeurs. Ces problèmes ne sont pas exclusifs à l’Amérique latine, mais peu de choses ont été faites pour remettre en question la structure qui génère ces problèmes dans les pays du Sud ou pour proposer des solutions collectives. 

Deborah va produire un podcast qui oppose la culture académique dominante aux vertus intellectuelles et au concept de bien-être. Le podcast présentera les outils nécessaires aux étudiants et aux professeurs pour réimaginer la culture académique et commencer à construire une contre-culture. Elle s’associera à au moins dix institutions en Amérique latine pour la distribution du podcast et la création de  communautés d’écoute, orientées par des guides de discussion. Le podcast et les guides de discussion seront également publiés sur la plateforme d’apprentissage en ligne d’IFES Interagir avec l’Université et elle rédigera un livre d’études bibliques sur ces sujets en collaboration avec l’équipe Interagir avec les Écritures d’IFES. Enfin, elle soutiendra également des réunions scientifiques pour des universitaires chrétiens au Brésil, au Chili, en Équateur et dans un autre pays d’Amérique latine. 

— Deborah Vieira prépare un doctorat en littérature à l’université fédérale de Juiz de Fora au Brésil et a travaillé dans l’édition. Elle est bénévole pour plusieurs initiatives artistiques à ABUB Brésil. 

Visionnez une vidéo de 2 minutes sur le projet de Deborah de 2022 :